Les films de super-héros, autrefois incontournables du cinéma mondial, peinent désormais à séduire le public au box-office international. Cette tendance marque un essoufflement notable pour un genre qui dominait encore récemment les écrans du monde entier.
Les films de super-héros, autrefois incontournables du cinéma mondial, peinent désormais à séduire le public au box-office international. Cette tendance marque un essoufflement notable pour un genre qui dominait encore récemment les écrans du monde entier.
Super-héros : le déclin du box-office international
Ces dernières années, le marché du cinéma n’a plus rien à voir avec ce qu’il était avant la pandémie. L’époque où les blockbusters de super-héros assuraient à coup sûr des records semble révolue. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les succès mondiaux de jadis s’effritent, et cette évolution se révèle particulièrement marquée pour les productions américaines comme celles de Marvel Studios et de DC Studios.
L’exemple récent de « The Fantastic Four: First Steps » illustre bien ce phénomène. Après quatre semaines, le film peine à atteindre le top 10 mondial, n’engrangeant que 18,1 millions de dollars sur un week-end, dont moins de la moitié hors des États-Unis. Il totalise désormais 468 millions de recettes globales, avec seulement 47 % provenant de l’international — un contraste frappant avec les années pré-Covid où ce ratio dépassait fréquemment 60 %. Une tendance qui alerte sérieusement chez Marvel, autrefois maître incontesté du box-office mondial.
Saturation et essoufflement du public mondial
Mais comment expliquer ce repli international ? Plusieurs facteurs convergent. D’abord, la qualité perçue a chuté selon beaucoup d’observateurs. Les intrigues complexes liées au « Multiverse Saga » ou l’avalanche de contenus issus de Disney+ (souvent jugés indispensables pour suivre les films) ont pu décourager une partie du public. Même Kevin Feige, patron historique des studios Marvel, a reconnu que le trop-plein de séries comme « The Falcon and the Winter Soldier » a freiné l’intérêt pour des productions telles que « Thunderbolts* ».
Côté DC, les difficultés persistent : confusion autour des univers narratifs, identités mal définies… D’où la tentative actuelle de relance menée par James Gunn, dont le nouveau « Superman » — malgré un certain engouement — réalise tout juste un score honorable (600 millions de dollars attendus en fin d’exploitation, dont une majorité aux États-Unis).
L’évolution du marché mondial et ses conséquences
Un autre obstacle majeur réside dans la contraction du marché lui-même. Selon certaines estimations, il faudra attendre au moins 2030 pour retrouver les niveaux du box-office mondial d’avant-crise sanitaire. L’essor des productions locales — citons « Demon Slayer: Kimetsu No Yaiba Infinity Castle » ou encore les blockbusters chinois comme « Ne Zha 2 », quasi exclusivement consommés dans leur pays — grignote l’espace laissé à Hollywood.
Les studios américains ne peuvent plus miser systématiquement sur le succès hors frontières :
- Baisse persistante des recettes internationales sur les superproductions US.
- Saturation du public face à une offre pléthorique.
- Mondialisation des goûts cinématographiques et montée en puissance des marchés locaux.
Difficile donc d’imaginer aujourd’hui un blockbuster franchir aisément la barre symbolique du milliard sans événement d’envergure type « Avengers ». À court terme, il est clair que le modèle économique qui a porté le genre pendant une décennie doit être réinventé pour survivre à cette nouvelle donne mondiale.
Pistes d’avenir incertaines pour Hollywood
Face à cette réalité, producteurs et réalisateurs revoient leurs ambitions : budgets colossaux remis en question, stratégies internationales redessinées… Un aveu d’humilité qui témoigne d’un bouleversement profond dans l’industrie. Si quelques rares titres comme « Deadpool & Wolverine » continuent à tirer leur épingle du jeu (avec plus de 52% de recettes à l’international), ces succès paraissent désormais exceptionnels là où ils étaient jadis la norme. Le temps où Hollywood dictait seul la cadence mondiale s’éloigne peu à peu ; reste aux géants américains à trouver comment renouer durablement avec leur public international.
Source originale: www.begeek.fr